Olbia poursuit son cycle d’entretiens des présidentes et présidents de fédération nouvellement élus afin de les découvrir et leur permettre de partager leur vision et leurs défis pour leur mandat.
Aujourd’hui nous échangeons avec Julien Mégret, Président de la Fédération française de tir à l’arc.

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours jusqu’à ce mandat 2025-2028 ?
J’ai débuté le tir à l’arc à 9 ans, j’ai découvert ce sport à l’école et je me suis immédiatement inscrit dans le club près de chez moi, à Riom dans le Puy-de-Dôme. J’ai toujours été licencié depuis ! J’ai fait un passage au Pôle France de Boulouris et quelques compétitions internationales, mais ma carrière au plus haut-niveau n’a pas décollé et j’ai décidé de revenir dans mon club. J’ai progressivement pris des responsabilités en tant que dirigeant puis président. Je me suis également engagé dans le tir à l’arc sur des mandats régionaux, ainsi qu’au niveau national, où j’ai œuvré pendant deux mandats auprès du précédent président de la fédération en qualité de trésorier adjoint. Côté professionnel, après des études de comptabilité, j’ai démarré ma carrière sur des fonctions de responsable financier jusqu’à devenir directeur financier.
Pourquoi avez-vous décidé de monter une liste pour cette élection ?
Il y a un an, Jean-Michel Cléroy, l’ancien président, m’a annoncé qu’il ne pensait pas se représenter et m’a demandé si je pouvais être intéressé pour prendre la suite. Après réflexions et discussions avec ma famille, j’ai décidé d’accepter le challenge. Je savais que je pouvais m’organiser professionnellement et j’ai l’impression que le réseau m’a rapidement considéré légitime pour prendre la fonction compte tenu de mon engagement depuis plusieurs années.
Comment s’est passée la campagne ?
J’ai commencé à constituer ma liste en mêlant des nouvelles têtes avec des personnes déjà engagées lors du dernier mandat, qu’elles soient de l’opposition ou de la précédente liste de Jean-Michel Cléroy. Mon objectif était clairement de rassembler et il n’y a pas eu de liste concurrente. J’ai annoncé officiellement ma candidature mi-septembre, j’ai préféré attendre la fin des Jeux pour laisser la place au sportif. Entre septembre et décembre, la campagne a été assez calme. Nous avons pu travailler très régulièrement avec toute l’équipe pour échanger sur le projet et communiquer auprès des clubs pour leur partager nos travaux et les grands axes de notre programme. C’était la première fois que l’élection passait par un vote direct des clubs. Nous avons obtenu 91,5% de suffrages, mais nous avons malgré tout une petite déception sur la mobilisation des clubs, avec un taux de participation de seulement 27%. Je pense qu’il nous faudra, pour les prochaines élections, repenser le format pour inciter les clubs à participer au vote. D’autres fédérations ont su mieux mobiliser en ouvrant par exemple le vote sur plusieurs jours et en multipliant les relances.
En arrivant à la tête de la fédération, qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
C’est une sensation bizarre de se dire « je suis président de la fédération ». Quand je suis arrivé au siège le lundi matin qui a suivi mon élection, j’ai eu un peu du mal à m’asseoir de l’autre côté du bureau du président ! Et cela donne un certain sentiment de solitude au démarrage… Par ailleurs, dès ce premier lundi, je suis rentré dans le concret de ma fonction lorsque le directeur technique national m’a mobilisé sur un dossier sensible. J’étais préparé à cela car déjà très présent à la fédération, mais désormais je rentre forcément plus dans le détail des dossiers que je ne voyais que partiellement quand j’étais au bureau fédéral…
Par quoi avez-vous commencé en débutant votre mandat ?
J’ai été élu le samedi 7 décembre et dès le dimanche 8, nous nous sommes réunis pour mettre en place la gouvernance : définir les postes au bureau, identifier les présidents de commissions, l’organisation… C’était un conseil d’administration très statutaire mais qui nous a permis de lancer concrètement le travail. Notre volonté est d’aller le plus possible sur le terrain, faire des visites de clubs, être présents sur les assemblées générales de comités régionaux et départementaux. Ce mandat a donc aussi débuté par des déplacements en région, par exemple sur le tournoi de Nîmes où, pendant 4 jours, je suis allé à la rencontre des archers et des dirigeants. En parallèle, nous avons préparé un séminaire très attendu par toutes les équipes, cadres techniques, salariés et élus, que nous avons organisé fin janvier pour affiner notre projet fédéral.
Quelles sont vos priorités sur ce mandat ?
Nous avons deux priorités, qui sont les axes forts définis dans notre projet. La première, ce sont les clubs. J’ai le sentiment que nous sommes trop éloignés d’eux. Notre rôle est d’être facilitateur, de les aider dans leur développement. La deuxième priorité est de travailler sur la passion de nos pratiquants et surtout la passion de nos jeunes. En effet, même si le nombre de licenciés augmente, la part des jeunes diminue fortement. C’est évidemment un phénomène sociétal que nous ne sommes pas les seuls à constater, mais nous souhaitons travailler sur le sujet et essayer d’inverser la tendance. Il s’agit notamment de comprendre si ce que la fédération propose correspond bien à leurs attentes.
Quel bilan souhaiteriez-vous pouvoir tirer à l’issue de votre mandat ?
Je suis conscient que nous n’avons ni les moyens financiers ni les ressources humaines pour tout entreprendre, mais j’ai une vision plutôt claire de là où je veux amener la fédération d’ici la fin du mandat. Mon premier objectif est d’atteindre 40 % de licenciés dans les catégories jeunes, contre environ 30 % aujourd’hui. C’est ce qui nous permettra par ricochet aussi de structurer les clubs et de s’appuyer sur les gros clubs français pour développer le très haut niveau. Nous devons créer des vocations car ce ne sont pas seulement les pratiquants qui sont vieillissants mais tout l’écosystème : les entraineurs, les dirigeants, les arbitres. J’aimerais aussi que nous soyons actifs sur l’organisation de grands événements sur notre territoire dans les prochaines années, pourquoi pas à travers un championnat d’Europe ou la création d’une compétition de la World Archery qui travaille sur un nouveau label qui serait l’antichambre des coupes du monde… Nous allons regarder ce projet de près !
Allez-vous conserver une activité professionnelle en parallèle de votre mandat ?
Non, j’ai complètement cessé mon activité professionnelle. Grâce à la dernière modification des statuts, l’activité de président de fédération peut être rémunérée, ce qui me permet de me consacrer 100% à la fédération.
Quelles sont vos sources d’inspiration en dehors de votre sport ?
J’aime bien aller voir ce qui se passe dans les autres fédérations et il me semble aussi essentiel d’échanger avec mes homologues, de comprendre les enjeux, discuter des projets. Il faut s’inspirer de ce qui fonctionne.
Laisser un commentaire